Atlas Halieutique
UEMOA , Atlas de l'enquête cadre de la pêche maritime artisanale    

Bénin

Social - gouvernance

Cette thématique aborde les aspects liés à leur perception de l’évolution du parc piroguier en PAM, le niveau de qualification professionnelle des pêcheurs de même que leur mobilité quant à la pratique de la pêche.

1- Emploi


Structure des statuts de qualification dans les équipage des unités de pêches


[2016-11-21]


Haute Qualif : correspond à la fonction de capitaine, de barreur, de mécaniciens
Moyenne Qualif : correspond à la fonction de cuisinier et de pêcheur
Sans Qualif : correspond à la fonction des aides pêcheurs et des apprentis

De façon générale, la majorité des équipages des unités de pêches est qualifiée (85%) avec une dominance de pêcheurs moyennement qualifiés (52%). La forte proportion de pêcheurs sans qualification dans l’Atlantique et le Littoral peut s’expliquer par le besoin accru de la main d’œuvre pour l’exploitation de la senne tournante et de la senne de plage.

La mobilité des pêcheurs est très remarquable dans le Littoral (4,5% d’arrivée et 5,8% de départ). Cela est sans doute imputable à la présence de la quasi-totalité commodités et services liés au seul et plus grand débarcadère aménagé de Cotonou.


2- Mobilité des unités de pêche


Nombre d'unités de pêche qui se déplacent vers d'autres sites (Départ) ou viennent sur des sites (Arrivée)


[2016-11-21]


Les migrations saisonnières sont effectuées par un nombre réduit de pêcheurs (19%). Les départements du Littoral et de l’Ouémé sont ceux dans lesquels les pêcheurs effectuent le plus de migrations (9%). Cela est sans doute lié aux commodités et aux services qu’offre le débarcadère de Cotonou.

La situation du Littoral est liée aux mouvements des pêcheurs ghanéens qui immigrent en bonne saison et repartent en fin de saison tandis que, dans l’Ouémé, il s’agit des pêcheurs qui se déplacent vers le débarcadère de Cotonou en bonne saison afin de profiter de meilleurs commodités et services.

Pourcentage d'unités de pêche qui déclarent effectuer des migrations saisonnières


[2016-11-21]


L’évolution du parc piroguier ces 5 dernières années est diversement appréciée par les pêcheurs. De façon générale, le parc piroguier est perçu comme étant en diminution (37%) plutôt qu’en hausse (25%). Ceci explique bien évidemment le sentiment de déclin de l’activité de pêche avec son corolaire qui est la reconversion de certains pêcheurs.

Perception de l'évolution du parc piroguier sur les 5 dernières années


[2016-11-21]


Conclusion sous thématique « mobilité des ménages de pêcheurs »

La diminution du parc piroguier observée après ces 5 dernières années s’explique par les forts mouvements migratoires qu’opèrent certains pêcheurs, notamment ghanéens vers leur pays d’origine. Elles concernent aussi certains qui migrent des autres campements vers le POPAC du fait des commodités et services dont dispose ce site.

CONCLUSION THEMATIQUE

De façon générale, le personnel non qualifié (apprentis et aides-pêcheurs) est très minoritaire et ne se rencontre que dans les régions du Littoral et de l’Atlantique, c’est-à-dire là où les grandes unités de pêches (sennes notamment) sont fortement représentées. Le faible taux du personnel non qualifié s’expliquerait par le fait que les pêcheurs n’incitent plus leurs enfants à rentrer dans la pêche conduisant ainsi au faible taux de renouvellement des pêcheurs.

Les migrations effectuées par les unités de pêche vers le Ghana sont parfois définitives expliquant la diminution du parc piroguier. Ces migrations définitives s’expliquent aussi par les conditions de vie qui s’améliorent dans leur pays d’origine.


3- Gouvernance

Les Organisations socio professionnelles

Pourcentage de sites de débarquement
qui déclarent la présence d'OSP


[2016-11-21]

Répartition des OSP citées
par type institutionel


[2016-11-21]

La région du Littoral, bien pourvue en grands sites, présente de forts taux de présence des OSP, aussi bien en ce qui concerne les organisations de mareyeurs (82% de taux présence) que de pêcheurs (82%) et même de transformateurs(trices) (50%). Dans le Mono, les organisations traditionnelles liées aux chefferies villageoises sont assez bien représentées. Dans l’Ouémé, ce sont les syndicats de pêcheurs qui dominent. En milieu pêcheur, plusieurs types de réglementations peuvent être appliqués quant à la gestion des ressources. Dans la majorité des sites de débarquement (77% des sites), il existe des réglementations locales de pêche reconnues. Ces réglementations consistent surtout dans la fixation de jours sans activités de pêche, décidés au niveau local pour diminuer l’effort de pêche.

Les chefs traditionnels et les dignitaires de culte ont une influence forte sur les populations de pêcheurs. Ils sont d’ailleurs les garants du respect des jours sans pêche

Règles de gestion

Pourcentage de sites avec
règlementations locales


[2016-11-21]

Domaine d'application
des règles mises en place


[2016-11-21]

Types de conflits déclarés sur les sites


[2016-11-21]


Divers types de conflits sont répertoriés, et aucune région n’est épargnée. Parmi les types de conflits, ceux opposant les acteurs de la pêche artisanale à ceux de la pêche industrielle sont les plus répandus, touchant plus de 80% des sites au niveau national et jusqu’à 100% dans l’Ouémé. Ce type de conflit est lié à la faiblesse de l’administration centrale dans le système de contrôle de la pêche industrielle. Il n’est pas rare de constater des incursions de navires industriels dans la zone réservée à la pêche artisanale. Cette incursion crée bien évidemment des dommages aux engins des pêcheurs artisans.

Les conflits entre les pêcheurs artisans eux-mêmes viennent en deuxième position en terme de fréquence globale. Ils ont souvent rapport à la destruction des engins de pêche par inadvertance et à l’appropriation des zones de bonne pêche.

Conclusion sous thématique « gouvernance »

La PAM est caractérisée par la présence d’un nombre relativement important d’organisations socio- professionnelles de type groupement. Ces organisations socio-professionnelles évoluent sur des sites d’habitation où la réglementation locale prédomine.

Globalement, on peut considérer que les pêcheurs sont pour la plupart inscrits dans une organisation qui a des représentations au niveau régional et qui assure la collaboration avec l’administration.

4- Divers

Pollutions

Pourcentage de sites affectés par
une dégradation de l'environnement


[2016-11-21]

Type de pollution
affectant les sites


[2016-11-21]

Les sites de débarquement font l’objet de divers types de dégradation parmi lesquelles l’érosion côtière, affectant fortement l’Atlantique et le Mono, et la pollution, qui est plus fréquente dans le Mono et Littoral.

Quant aux types de pollution, les plus fréquemment cités par les pêcheurs sont ceux liés aux déchets ménagers (39%), ce qui s’explique aisément par la mauvaise politique de gestion des déchets ménagers notamment dans les centres urbains. L’usine de phosphate du Togo est aussi souvent citée pour ces rejets dans la mer, notamment par les pêcheurs du Mono.

En pêche maritime artisanale, une minorité des unités de pêche est équipée de moteur de secours, vu la cherté de ces derniers. En effet, le pourcentage moyen des unités équipées de moteur de secours est assez faible (19%). Les unités de pêche de l’Ouémé en sont les plus pourvues (28%) - du fait de la proximité avec le Nigéria - et dans une moindre mesure, celles du Mono (8%). Toutefois, il est à remarquer que l’idée de moteur de secours n’a pas été bien perçue. En effet, un moteur de secours est normalement un moteur que le pêcheur embarque au cours de la sortie, pour faire face au risque de défaillance du premier moteur. Alors que dans notre enquête les pêcheurs ont plutôt compris que la question portait sur la disponibilité d’un moteur gardé en réserve à la maison.

Sécurité

Pourcentage d'unités de pêche
équipées de moteur de secours


[2016-11-21]

Pourcentage d'unités de pêche
ayant subit des accidents


[2016-11-21]

Taux de citations
des différents types d'accidents


[2016-11-21]



Différents types d’accidents se produisent lors de la pratique de l’activité de pêche. Ils vont de la simple intempérie au naufrage en passant par les pannes de moteur. Les accidents les plus fréquemment constatés sont les pannes de moteur (33%) et les intempéries (30%). Le département de l’Atlantique est celui ayant connu le plus de cas d’accidents en mer (plus de 63% pour les pannes de moteur).
Vient ensuite le naufrage, beaucoup plus fréquent dans les départements du Mono (33%) et du Littoral (32%) lors des collisions avec des navires marchands la nuit et lors des franchissements de barres.

La majorité des unités de pêche est dotée d’au moins un équipement de sécurité notamment le téléphone portable (62%) accessible par la majorité et avec une bonne couverture des réseaux GSM le long de la côte.

En dehors du GSM, les feux de signalisation sont aussi utilisés par les unités de pêche du Littoral surtout avec sa situation avec la zone portuaire. Notons cependant que la quasi-totalité des pêcheurs ne porte pas de gilet de sauvetage, l’équipement de sécurité le plus élémentaire.

Pourcentage d'unités de pêche dotées d'équipement de sécurité


[2016-11-21]



Conclusion sous thématique « divers »

La majeure partie des cas d’accident observé sont liés à l’absence de moteurs secours et aux intempéries. Les moteurs à bord tombent aussi régulièrement en panne. Dans ces conditions, les seuls équipements de sécurité que disposent les pêcheurs sont les téléphones mobiles et les feux de signalisation.


CONCLUSION THEMATIQUE

L’érosion côtière et la pollution sont les principales formes de dégradation environnementales qui affectent les sites de débarquement. Les pêcheurs au niveau des sites sont souvent organisés en groupement ou en association. Ces groupements, en collaboration avec les chefferies traditionnelles et vue les moyens dont ils disposent, n’assurent actuellement que la gestion des conflits et le suivi du respect des règlementations locales au détriment des divers cas d’accident que subissent les pêcheurs.

En savoir plus

Citation :

Fiche Bénin,

UEMOA (2014) : Atlas UEMOA des pêcheries maritimes artisanales de l'UEMOA. Programme régional de renforcement de la collecte des données statistiques des pêches dans les Etats membres - © 2015. http://atlas.statpeche-uemoa.org/atlas_ecpma/

Coordination générale : Maria Luisa Ferreira, Directeur des Ressources Animales et Halieutiques, Département de la Sécurité Alimentaire, de l’Agriculture,des Mines et de l’Environnement  ( DSAME), Diegane NDONG, Chargé des Ressources Halieutiques

Système d’information et équipe d’experts d’appui : Jérôme Guitton, Pierre Morand, Pierre Chavance, Carole Escaravage, Mohamed Soumah et Nolwenn Cozannet

Fiche expertisée par: Bernard Akitikpa, Daouda Aliou, Kokouvi Julien Noumonvi, Kasseau Herman Gangbazo, Aristide Gnikpo