Atlas Halieutique
UEMOA , Atlas de l'enquête cadre de la pêche maritime artisanale    

Côte d'ivoire

Social - gouvernance

Dans cette thématique, seront abordés les aspects liés à l’emploi, à la mobilité des ménages de pêcheurs, à la gouvernance et aux questions diverses.

1- Emploi


Structure des statuts de qualification dans les équipage des unités de pêches


[2016-11-21]


Le nombre total de pêcheurs artisans à partir de la liste des unités de pêche est de 10 190. Ces pêcheurs peuvent être regroupés en trois groupes :

Ainsi, l’équipage des unités de pêche est composé en moyenne au niveau national de 26 % de pêcheurs de haute qualification, 66 % de moyenne qualification et de 8 % sans qualification. La pêche est pratiquée dans toutes les régions à plus de 90% par des pêcheurs professionnels (haute qualification et moyenne qualification). Aussi, remarque-t-on une répartition des niveaux de qualification assez stable d’une région à l’autre.


2- Mobilité des unités de pêche


Nombre d'unités de pêche qui se déplacent vers d'autres sites (Départ) ou viennent sur des sites (Arrivée)


[2016-11-21]


Les responsables des sites de débarquement perçoivent des départs (déplacement vers d’autres sites) et des arrivées (en provenance d’autres sites) de pirogues sur les sites de débarquement. 398 unités de pêche, soit 25 % du parc piroguier national sont arrivées sur les sites de débarquement. De même, 458 départs d’unités de pêche ont été constatés sur les sites de débarquement. Si ces mouvements semblent se compenser dans les régions du Gbokle et du Sud Comoé ainsi que dans le district autonome d’Abidjan, on observe par contre une grande variation des tendances dans les régions de San Pedro et des Grands Ponts.

Dans la région de San Pedro, il y a eu plus de départ que d’arrivée. En effet, le dysfonctionnement de la station de carburant de San Pedro en 2014 a contraint certains pêcheurs à se diriger vers Grand Lahou (dans la région des Grands Ponts) et à Sassandra (dans la région du Gbokle). C’est ce qui explique le nombre important d’arrivée constatée dans la région des Grands Ponts.

Toutefois, ces mouvements migratoires font partie des stratégies des pêcheurs. Ces déplacements sont généralement liés à ceux des espèces ciblées et aussi à la saison de pêche.

Pourcentage d'unités de pêche qui déclarent effectuer des migrations saisonnières


[2016-11-21]


29 % des unités de pêche déclarent effectuer des migrations saisonnières. Ces mouvements migratoires sont observés dans toutes les régions du littoral. Toutefois, la proportion des unités de pêche migrantes est plus marquée dans les régions des Grands Ponts (40 %), de San Pedro (34 %) et du Gbokle (28 %). Dans le district autonome d’Abidjan et le Sud Comoé, on note respectivement 21 % et 19 % d’unité de pêche migrantes. La migration saisonnière des unités de pêche fait partie de la stratégie des pêcheurs ghanéens. En effet, ces derniers se déplacent selon la saison de pêche et selon le mouvement des espèces ciblées.

Le parc piroguier a connu une évolution sur les cinq dernières années. Selon les responsables des sites de débarquement, 13 % des sites ont enregistré une augmentation du parc piroguier contre 30 % sur lesquels le nombre de pirogues a baissé.

Les responsables perçoivent également que sur plus de la moitié des sites (54 %), le parc piroguier a été à peu près stable. Il y a eu autant de départ que d’arrivée dans la plupart des régions comme nous l’avions remarqué dans les figures précédentes. Dans le district Autonome d’Abidjan et des régions du Gbokle et des Grands Ponts, le parc piroguier est resté à peu près stable sur les cinq dernières années sur plus de la moitié des sites de débarquement. Par contre, dans les régions de San Pedro et du Sud Comoé, on note dans la plupart des sites une diminution du nombre d’unité de pêche selon les responsables de site.

Perception de l'évolution du parc piroguier sur les 5 dernières années


[2016-11-21]


Conclusion sous thématique « mobilité des ménages de pêcheurs »

Des départs et arrivées de pirogues ont été constatés sur les sites de débarquement par les responsables. Ce phénomène est constaté dans toutes les régions du littoral. Toutefois, le nombre élevé de départ enregistré à San Pedro et d’arrivée dans la région des Grand Ponts est lié à une situation conjoncturelle.

La migration saisonnière des unités de pêche est une stratégie de pêche. Elle est liée aux mouvements des espèces ciblées et à la saison. 29 % des unités de pêche en sont concernées. Outre ces mouvements migratoires, 54 % des responsables de site de débarquement jugent le parc piroguier stable sur les cinq dernières années.


3- Gouvernance

Les Organisations socio professionnelles

Pourcentage de sites de débarquement
qui déclarent la présence d'OSP


[2016-11-21]

Répartition des OSP citées
par type institutionel


[2016-11-21]

La Figure précédente révèle que dans toutes les régions du littoral, exception faite au Sud Comoé, il existe des organisations socioprofessionnelles (OSP) des principaux opérateurs qui interviennent sur les sites de débarquement. Les organisations de pêcheurs sont les plus dominantes dans toutes les régions.

Du point de vue institutionnel, ces organisations sont composées de 46 % de coopératives, 30 % de groupements et 24 % d’organisations traditionnelles.

La plupart des organisations de pêcheurs sont des coopératives tandis que, celles des micro- mareyeurs, mareyeurs et transformateurs sont des groupements et organisations traditionnelles. En effet, les coopératives de pêcheurs sont des groupements d’intérêts économiques (GIE) aux services des pêcheurs. Elles constituent des organisations très actives le long du littoral et bénéficient du carburant exonéré de taxe pour l’activité de pêche.

Dans les grandes zones de pêche que sont Abidjan et San Pedro, on enregistre une forte présence d’OSP. On peut citer par exemple COOPAMA et CAPAMCI (pour le district autonome d’Abidjan) et SCOOPEMA et COOPETAB (pour la région de San Pedro). Dans la région de San Pedro et le district autonome d’Abidjan, il existe des Organisations socioprofessionnelles pour chaque type d’opérateur (mareyeur, micro-mareyeur, pêcheur et transformateur).

Dans toutes les régions, il existe des règles de gestions locales. Cependant, la proportion est plus marquée dans la région des Grands Ponts (97 %). Ces règlementations portent de façon générale sur les jours de fermeture (36 %) et les engins de pêche utilisés (31 %). Les autres formes de règles de gestion portent sur les espèces (11 %), les points de débarquement (11 %) ainsi que les zones de pêche (8 %). Ces dernières concernent les plateformes pétrolières.

Règles de gestion

Pourcentage de sites avec
règlementations locales


[2016-11-21]

Domaine d'application
des règles mises en place


[2016-11-21]

Types de conflits déclarés sur les sites


[2016-11-21]


Il existe trois types de conflits en pêche artisanale maritime : les conflits entre pêcheurs artisans et pêcheurs industriels, entre pêcheurs artisans eux-mêmes et entre pêcheurs/commerçants- transformateurs.

Les conflits les plus récurrents, avec 69 % des citations, sont ceux existants entre pêcheurs artisans et pêcheurs industriels. Ces conflits sont le fait de deux pêcheries industrielles :

Entre sardiniers et pêche artisanale : ils reposent sur la destruction des engins de pêche des artisans par les navires industriels lors de leur déplacement ou lors du déploiement de la senne coulissante ainsi que sur une concurrence sur zone : les sardiniers se rapprochent des zones de pêche artisanale, notamment lorsqu’ils ne ciblent pas les sardinelles, capturées plus au large.

Entre la pêche chalutière et la pêche artisanale : les conflits sont plus forts qu’avec la pêche sardinière car, lorsque les chalutiers déploient le chalut dans la zone de pêche artisanale, ils ratissent tout sur leur passage. Plusieurs accidents mortels ont lieu la nuit.

Les conflits entre pêcheurs artisans eux-mêmes, avec 22 % des citations, sont plus fréquents dans la région du Sud Comoé et dans le district autonome d’Abidjan. Ces conflits sont généralement liés à l’occupation de l’espace (surtout pour les pêcheurs pratiquant la pêche aussi bien en mer qu’en lagune) et aux engins ou techniques de pêche utilisées.

Avec 9 % des citations, les conflits entre pêcheurs et commerçants-transformateurs sont souvent liés aux non-respects des accords et engagements par les pêcheurs.

Conclusion sous thématique « gouvernance »

Il existe sur les sites de débarquement, des organisations socioprofessionnelles des principaux opérateurs. Les plus dominantes sont celles des pêcheurs. Du point de vue institutionnel, ces organisations sont composées de 46 % de coopératives, 30 % de groupements et 24 % d’organisations traditionnelles. Dans toutes les régions, il existe des règles de gestion locales. Elles portent majoritairement sur les jours de fermeture et les engins.

Par ailleurs, les conflits entre les pêcheurs artisans et les pêcheurs industriels sont récurrents. Ces conflits naissent de la destruction des engins des pêcheurs artisans par les navires de pêche industrielle et par des accidents mortels liés au non-respect de la zone de pêche. Il existe également des conflits entre les pêcheurs artisans et les commerçants/transformateurs et entre les pêcheurs eux-mêmes.

4- Divers

Pollutions

Pourcentage de sites affectés par
une dégradation de l'environnement


[2016-11-21]

Type de pollution
affectant les sites


[2016-11-21]

L’environnement côtier connait une forte dégradation. Elle se caractérise par la coupe de mangroves, l’érosion côtière et la pollution. L’érosion côtière est la plus accentuée dans toutes les régions du littoral avec plus de 65 % des sites fortement affectés. La coupe de mangroves, bien qu’existante dans toutes les régions, est moins accentuée avec 12 % de sites concernés. Quant à la pollution, elle touche 23 % des sites de débarquement.

L’érosion côtière est due aux facteurs naturels et anthropiques. Selon le PROGRAMME REGIONAL DE LUTTE CONTRE L’EROSION COTIERE DE L’UEMOA, les facteurs naturels sont liés à la géomorphologie des côtes (faible pente, substrat sableux) et à des phénomènes hydrodynamiques provenant de l’océan (remontée du niveau de la mer, courants, insuffisance des apports sédimentaires des fleuves, etc.). Les facteurs anthropiques découlent des divers aménagements portuaires, des ouvrages sur la côte et des prélèvements divers (sables, graviers, etc.) entraînant ainsi la perturbation de l’équilibre naturel. Le phénomène d’érosion côtière entraîne un recul de la côte variant de 1 à 10 m par an, en moyenne. Il touche souvent les zones à forte concentration humaine, d’où des conséquences socio- économiques graves (destruction des plages, destruction des villages, destruction d’infrastructures industrielles et hôtelières, perturbation des activités de pêches, etc.). La plupart des mangroves sont dégradées du fait de l’utilisation du bois pour le fumage du poisson et les besoins domestiques.

La pollution des sites est essentiellement liée à l’industrie humaine et est de plusieurs types. Les déchets ménagers représentent 38 % des citations des types de pollution des sites de débarquement. Ce type de pollution existe dans toutes les régions du littoral, mais il est plus marqué dans les régions du Sud Comoé (75 %) et du Gbokle (50 %).

La pollution liée aux eaux usées représente 22 % des citations. Ce type de pollution se rencontre dans les régions du Gbokle, de San Pedro et dans le district autonome d’Abidjan. Les déchets liés à l’activité de pêche sont une source de pollution, avec 14 % des citations. Ce type de pollution est plus observé dans les grandes régions de pêche que sont San Pedro (40 %) et Abidjan (20 %).

La pollution industrielle touche le district autonome d’Abidjan (10 %) et la région des Grands Ponts (20 %) où sont implantées les plateformes pétrolières et des usines. Les eaux de ballast sont présentes dans toutes les régions à l’exception du Gbokle avec une forte proportion dans les régions des Grands Ponts (30 %) et du Sud Comoé (25 %).

Sécurité

Pourcentage d'unités de pêche
équipées de moteur de secours


[2016-11-21]

Pourcentage d'unités de pêche
ayant subit des accidents


[2016-11-21]

Taux de citations
des différents types d'accidents


[2016-11-21]



Très peu d’unités de pêche (11 %) disposent de moteurs de secours. Par ailleurs, 65 % des unités de pêche ont subi des accidents dans l’exercice de leur activité.

Les accidents que subissent les pêcheurs artisans sont de plusieurs types. Les plus récurrents sont les pannes de moteurs (32 % des citations), les intempéries (24 % des citations) et les naufrages (16 % des citations).

Les collisions (avec 11 % des citations) sont plus fréquentes dans les régions des Grands Ponts et du Gbokle. Ce type d’accident est généralement provoqué par des bateaux de pêche industrielle (chalutiers) qui ne respectent pas la zone de pêche artisanale. Aussi, l’absence de feux de signalisation, la mauvaise navigation, les intempéries peuvent être cause des collisions. Les accidents par écueil sont assez importants chez les pêcheurs du district autonome (24 %).

Les principaux équipements que possèdent les pêcheurs artisans sont le téléphone portable, la boite à pharmacie et les feux de signalisation. En effet, 81 % des unités de pêche possèdent un téléphone portable, 47 % disposent d’une boite à pharmacie et 43 % ont des feux de signalisation sur leur pirogue.

Le graphique ci-dessous révèle que seuls quelques pêcheurs du district autonome d’Abidjan et de San Pedro possèdent des gilets de sauvetage, des GPS et des compas.

Pourcentage d'unités de pêche dotées d'équipement de sécurité


[2016-11-21]



Conclusion sous thématique « divers »

La dégradation de l’environnement côtier est une réalité en Côte d’Ivoire. Cette dégradation est liée à l’érosion côtière, à la coupe de mangrove et à la pollution.

L’érosion côtière est due aux facteurs naturels et anthropiques. Quant à la coupe de mangrove et la pollution, elles sont essentiellement liées à l’industrie humaine (la pollution industrielle, déchets ménagers, eaux usées, etc.) et aux mauvaises pratiques.

Par ailleurs, 65 % des unités de pêche déclarent avoir subi des accidents dans l’exercice de leur activité. En effet, 11 % disposent de moteurs de secours et les pannes de moteurs sont malheureusement très fréquentes (32 % des citations). Ainsi, lors des intempéries, les pêcheurs sont exposés aux naufrages.

Les principaux équipements des unités de pêche sont le téléphone portable (81 %) et la boite à pharmacie (47 %). Très peu d’unité de pêche dispose de feux de signalisation, de gilets de sauvetage, de GPS et de compas.

En savoir plus

Citation :

Fiche Côte d'ivoire,

UEMOA (2014) : Atlas UEMOA des pêcheries maritimes artisanales de l'UEMOA. Programme régional de renforcement de la collecte des données statistiques des pêches dans les Etats membres - © 2015. http://atlas.statpeche-uemoa.org/atlas_ecpma/

Coordination générale : Maria Luisa Ferreira, Directeur des Ressources Animales et Halieutiques, Département de la Sécurité Alimentaire, de l’Agriculture,des Mines et de l’Environnement  ( DSAME), Diegane NDONG, Chargé des Ressources Halieutiques

Système d’information et équipe d’experts d’appui : Jérôme Guitton, Pierre Morand, Pierre Chavance, Carole Escaravage, Mohamed Soumah et Nolwenn Cozannet

Fiche expertisée par: Dr. SHEP Helguilè, FOFANA Bina, TANOH Tahadjo Firmin, KOUASSI Kouadio, DJOU Kouadio Julien