Atlas Halieutique
UEMOA , Atlas de l'enquête cadre de la pêche maritime artisanale    

Guinée-Bissau

Social - gouvernance

Cette thématique aborde les aspects liés à leur perception de l’évolution du parc piroguier, le niveau de qualification professionnelle des pêcheurs de même que leur mobilité quant à la pratique de la pêche.

1- Emploi


Structure des statuts de qualification dans les équipage des unités de pêches


[2016-11-21]


Haute Qualif : correspond à la fonction de capitaine, de barreur, de mécaniciens
Moyenne Qualif : correspond à la fonction de cuisinier et de pêcheur
Sans Qualif : correspond à la fonction des aides pêcheurs et des apprentis

Comme l’indique la figure, dans la région de Cacheu, les personnes avec une haute qualification (1075) sont majoritaires parmi les membres d’équipage des unités de pêche. Dans les régions de Biombo (648), Bolama (412) et Tombali (393), bien qu’apparaissant en moins grand nombre, ces acteurs sont également bien représentés. Les régions de Quinara et Tombali présentent très peu de pêcheurs sans qualifications en comparaison aux autres régions certainement en raison des petites embarcations et du faible nombre moyen d’équipage dans ces régions.

Selon les informations collectées auprès des chefs de ports, il existe une émigration (départs de pirogues des sites) importante dans les sites de la région de Tombali et de Quinara. Aucune région ne semble en contrepartie recevoir d’arrivée de pirogues


2- Mobilité des unités de pêche


Nombre d'unités de pêche qui se déplacent vers d'autres sites (Départ) ou viennent sur des sites (Arrivée)


[2016-11-21]


Au niveau national, plus de 70% des pêcheurs déclarent qu’ils n’effectuent pas de migrations saisonnières. Dans les régions de Bissau et Oio 30% des pêcheurs déclarent n’effectuer aucune migration saisonnière (Figure 38). Généralement, en Guinée-Bissau, il n’y a pas de migration des pirogues.

Pourcentage d'unités de pêche qui déclarent effectuer des migrations saisonnières


[2016-11-21]


Selon la perception de l’évolution du parc piroguier au niveau national, on peut dire qu’il y a une augmentation du parc piroguier (en 2011 ont été enregistrés 1520 pirogues et 2270 pirogues en 2014). On constante néanmoins que la situation est variable selon les régions avec des sites présentant une tendance à l’augmentation, d’autres à la diminution. Bissau est un cas concret de stabilisation du parc piroguier.

Perception de l'évolution du parc piroguier sur les 5 dernières années


[2016-11-21]




3- Gouvernance

Les Organisations socio professionnelles

Pourcentage de sites de débarquement
qui déclarent la présence d'OSP


[2016-11-21]

Répartition des OSP citées
par type institutionel


[2016-11-21]

La figure montre que les pêcheurs de toutes les régions appartiennent à une organisation socio-professionnelle, soulignant le secteur autonome de Bissau où 100% des pêcheurs font partie d’organisations socio-professionnelles, 60% dans la région de Cacheu, 50 % à Oio et 40% à Biombo. Les pourcentages les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Quinara et Bolama avec respectivement 5% et 2,5%.

Dans le secteur de Bissau (1 site) et dans la région de Bolama (34 sites) on peut dire que les sites sont réglementés, d’une manière générale, (100% à Bissau). Les autres régions (Biombo, Cacheu et Tombali) ont moins de 50% des sites disposant de réglementation locale et plus de 50% dans la région de Quinara. En ce qui concerne l'Oio (4 sites), aucun site n’est réglementé. Des règles de pêche sont mises en place tant pour les engins de pêche, que les zones et les espèces protégées

Règles de gestion

Pourcentage de sites avec
règlementations locales


[2016-11-21]

Domaine d'application
des règles mises en place


[2016-11-21]

Types de conflits déclarés sur les sites


[2016-11-21]


Le principal problème enregistré au niveau national dans le cadre de l'activité de pêche est liée au conflit entre pêcheurs artisans. A Bissau, les conflits entre pêcheurs ont été recensés dans tous les sites au même niveau que les conflits des pêcheurs / femmes transformatrices (100%). A Bolama, le scénario est le même, mais avec des pourcentages très faibles (10%). Les pêcheurs résidents dans les parcs marins sont privilégiés par rapport aux autres. La cause des conflits entre les commerçants/transformateurs est due la formalisation du prix du poisson sur le marché.


4- Divers

Pollutions

Pourcentage de sites affectés par
une dégradation de l'environnement


[2016-11-21]

Type de pollution
affectant les sites


[2016-11-21]

On constate que dans toutes les régions le plus grand problème rapporté par les responsables de site est lié à l'érosion côtière, à l'exception de Bissau, où il est également question de la coupe de la mangrove. La pollution engendrée par l’activité de pêche est liée à la pratique de la pêche (déchets des poissons, morceaux de filets monofilament déchirés présents dans les eaux), selon les répondants. Elle a été uniquement observée seulement dans la région de Bolama.

La sécurité en mer est un problème très préoccupant, comme on peut le voir sur la figure 44. Mise à part la région de Quinara où plus de 50 % des unités de pêche disposent de moteurs de secours, ce taux est inférieur à 50 % dans les autres régions et particulièrement à Tombali et Biombo où les moteurs de secours sont absents ou très rares. Dans le secteur autonome de Bissau et Bolama, plus de 50% des unités de pêche déclarent avoir subi des accidents dans l’activité de pêche. Dans les régions de Tombali, Quinara, Biombo et Cacheu on trouve moins de 50 % d’accidents dans l’activité de pêche.

Sécurité

Pourcentage d'unités de pêche
équipées de moteur de secours


[2016-11-21]

Pourcentage d'unités de pêche
ayant subit des accidents


[2016-11-21]

Taux de citations
des différents types d'accidents


[2016-11-21]



D’une manière générale, les intempéries et la panne de moteur sont responsables de la plupart des accidents dans l'activité de pêche dans toutes les régions. En effet, les conditions de navigation sont particulièrement difficiles en particulier à Bolama avec (52,6 et +30%) et à Bissau avec 45% et +45), Quinara (+30%), Tombali (sensiblement 35%). Dans la région de Cacheu le nombre d'accidents causés par les intempéries et les avaries de moteur est de 5%.

Au niveau national, toutes les régions ont des pêcheurs dotés d’équipements de sécurité. Les plus fréquents sont les portables, les gilets de sauvetage et les feux de signalisation. Une plus grande diversité des équipements de sécurité est à noter dans les région de Bissau et Bolama (notamment le GPS) ; ceci est à mettre en relation avec la présence de pêcheurs professionnels, en comparaison des pêcheurs des autres régions.

Pourcentage d'unités de pêche dotées d'équipement de sécurité


[2016-11-21]



Conclusion sous thématique « divers »

La plupart des pêcheurs sont moyennement à hautement qualifiés. La migration saisonnière est fréquente à Bolama du fait de la présence de pêcheurs réalisant des campagnes de pêche saisonnières ciblant certaines espèces.

Concernant l’évolution du parc piroguier au niveau national, on peut dire que la tendace est à l’augmentation. Néanmoins, celle-ci varie en fonction des régions. Cette augmentation du parc piroguier pousse les pêcheurs à créer des associations socioprofessionnelles, celles-ci rassemblent également des micro-mareyeuses. La pêche est réglementée en termes de zones de pêche, de types d’engins utilisés et d’espèces ciblées.

La sécurité en mer est un problème très préoccupant : de nombreux pêcheurs sont confrontés à des accidents dus aux intempéries et aux pannes de moteurs. On notera qu’à Bolama l’activité de pêche engendre une forte pollution (déchets des poissons, morceaux de filets monofilament flottant dans l’eau).

En savoir plus

Citation :

Fiche Guinée-Bissau,

UEMOA (2014) : Atlas UEMOA des pêcheries maritimes artisanales de l'UEMOA. Programme régional de renforcement de la collecte des données statistiques des pêches dans les Etats membres - © 2015. http://atlas.statpeche-uemoa.org/atlas_ecpma/

Coordination générale : Maria Luisa Ferreira, Directeur des Ressources Animales et Halieutiques, Département de la Sécurité Alimentaire, de l’Agriculture,des Mines et de l’Environnement  ( DSAME), Diegane NDONG, Chargé des Ressources Halieutiques

Système d’information et équipe d’experts d’appui : Jérôme Guitton, Pierre Morand, Pierre Chavance, Carole Escaravage, Mohamed Soumah et Nolwenn Cozannet

Fiche expertisée par: Josepha Pinto Gomes, João Cabral,